JOURNALISTES ET PARTI PRIS

Face à des questions sociétales, les journalistes camerounais ont l’art de prendre la poudre d’escampette en se cachant derrière des articles discriminant, accusateurs, sans pour autant questionner en profondeur les bouleversements de notre société. Prendre position permet d’apprivoiser un sujet sous toutes les coutures, c’est pouvoir le présenter objectivement à l’opinion public afin qu’elle même puisse se faire sa propre opinion.

 

Prendre parti sur des questions qui dérangent et qui heurtent la société peut paraître suicidaire. Mais quand on ne supporte pas l’injustice et le jugement, on fini bien par franchir le pas, quitte à ne plus être en odeur de sainteté vis à vis des siens.

Prendre parti, signifie avant tout avoir pesé le pour et le contre de notre acte, de notre choix. On n’a pas toujours l’argumentaire qui va avec face aux critiques qui fusent, par rapport à nos choix, à la ligne de conduite que nous adoptons. Cependant, nous avons à cœur de rétablir autant que faire ce peu un certain équilibre au sein de notre société.

Se faire le porte parole des plus faibles, peut paraître louable comme action, mais encore faut il savoir de quels faibles il est question. Parler pour les orphelins, peut sembler une évidence ; parler pour les enfants de la rue est également une action qui nous vaut de la reconnaissance ; parler en faveur des refugies, quoi de plus valorisant pour celui qui le fait, la société n’y voit aucun inconvénient.

Cependant, parler, prendre position, rédiger des articles sur la question très sensible des minorités homosexuel-les requiert une certaine force. Nous vivons dans une société ou il est difficile de s’affirmer en tant que homosexuel, plus encore comme leur défenseur. Cela est d‘ailleurs passible d’emprisonnement et d’amende (C.F code pénal du Cameroun, Article 347 BIS).

Evoquer cette question crée un véritable malaise et c’est une véritable prise de risque, sur tous les plans.

un sujet qui derange
un sujet qui derange

Dans le milieu médiatique au Cameroun, on a connu très peu d’hommes de medias s’être positionné en faveur de la question des droits des homosexuel-les. Le faire est un véritable challenge. La règle la plus normale, est celle de se positionner contre, c’est de pouvoir tirer a boulet rouge sur cette communauté qui ne demande qu’à être libre.

Pour des journaliste, peu importe leur bord, leurs convictions, en règle général, l’option la plus facile est d’éluder cette question, où pis de ne pas parler de « cette chose »,expression employé par le chef de l’Etat du Cameroun sur le perron de l’Elysée en France.

Nous pouvons comprendre ceux qui s’y opposent, les raisons évoquées sont diverses et peuvent être diversement appréciées. Mais, il faut pouvoir interroger ce phénomène, il faut pouvoir s’approprier le sujet afin de se faire son opinion.

Ne pas manipuler l’opinion en brandissant comme le font la plupart des medias camerounais le spectre de l’enfer en jouant sur la corde sensible de la religion, et accuser les homosexuel-les de tous les maux de la société est vital si nous voulons dépassionner ce débat.

Qu’est ce au juste ?comment cela se manifeste t-il ? Pourquoi rejetons nous ? Pourquoi est-ce perçue comme une déviance occidentale ?si c’est le cas d’ou sort –il que l’on en évoque la question dans chacune de nos familles ? Posons nous les justes questions.

L’inconnu, où que l’on se trouve incite à la prudence, surtout si l’on a le sentiment de recevoir des pressions venues de l’extérieur. Il va s’en dire que la pression de l’occident sur la question pose un réel problème sur la compréhension et une possible acceptation même de ce qu’est au juste l’homosexualité.

Tout processus d’explication est rendu impossible tant on fait croire à l’opinion que c’est une problématique purement occidentale, or il faut le dire, l’occident n’y est pour rien.

Mis à part la manipulation orchestrée par l’église qui est dans son rôle avec le soutien des médias traditionnels, ne sommes nous pas en droit de nous demander si la communauté ne manque pas de pédagogie aussi? Comment réussir à intégrer dans l’esprit des uns et des autres de façon pacifique ce qu’est l’homosexualité ? Quelle attitude faut il adopter pour réduire toutes ces velléités dont est victime cette communauté ?

Comment parler de cette question qui passionne le Cameroun sans qu’il n’en ressorte de l’animosité ? Comment voir en la différence de l’autre non pas un inconvénient, mais un autre différent de moi ? Doué de talents et de capacités parfois supérieur à ceux qui se disent normaux ?

L’homosexualité, c’est un peu comme l’enfant rebelle d’une famille. Une fois qu’il a décidé de lever la tête, on décide de lui couper les vivres pour qu’il revienne à de meilleur sentiment. Or, pour la plupart du temps c’est un combat sans fin qui va se perpétuer et le résultat obtenu est très souvent catastrophique. Avec un peu de conciliation, dans une république laïque, ne peut-on pas parvenir à des discussions apaisées sur la question de l’homosexualité ? Faut-il crier, faire pression, menacer, pour pouvoir se faire entendre de part et d’autres ? De telles actions sont contre-productives.

Il est important que les deux parties songent à une nouvelle approche, que les uns et les autres puissent se parler de façon franche mais de façon apaisée afin de trouver le juste milieu.

 

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