Quel bilan pour cette nouvelle année de celebration d’IDAHO au Cameroun?

Une fois de plus, en communion avec toutes les autres communautés lgbt, la communauté homosexuelle du Cameroun célébrera une énième fois la journée internationale de lutte contre l’homophobie.

 

En ce 14 mai 2016, quel est le bilan des actions menées de part et d’autres au sein de la communauté lgbt du Cameroun pour faire bouger les lignes ? Il faut reconnaître que de nombreux efforts ont été fournies par les différentes associations qui militent en faveur des droits des homosexuels, notamment sur le plan de la santé et du plaidoyer, et ce même au niveau de la CADHP(NDLR Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples).

 

En effet, au jour d ‘aujourd’hui, de nombreux homosexuels peuvent se faire consulter dans des centres de santé publique sans qu’ils ne soient discriminés. C’est il faut le dire une réelle avancée pour cette communauté qui n’a de cesse de se sentir en marge de la société.

 

La santé n’a pas de prix, et si les pouvoirs publics du Cameroun ont réussi a intégrer dans leur programme l’inclusion des lgbt, il faut pouvoir s’en féliciter. C’est un pas énorme dans une société qui considère encore l’homosexualité comme une tare, voir une malédiction.

Grâce à plusieurs programmes mis en œuvre par le Fond Mondial, des infirmiers, médecins, ont pu recevoir des formations adéquates pour accueillir les minorités au sein de leur espace de travail. Ces derniers peuvent dès lors s’y rendre sans risque de subir de la part du médecin traitant une quelconque forme de discrimination, et qui plus est ne court aucun risque d’être dénoncé aux autorités publiques.

 

Le combat est loin d’être gagné, notamment celui judiciaire et celui concernant la société en général tant les préjugés et l ‘influence de l’église, notamment de l’église catholique reste forte.

 

Au delà des célébrations, des dépistages et des danses observés lors de cette célébration de la journée internationale de lutte contre l’homophobie n’est il pas temps que les homosexuels camerounais tordent le cou à l’intolérance ?

Bien entendu, il n’est pas question de désobéissance civile, car j’entends dire que ce n’est nullement une option au risque de tout détruire les efforts déjà fournis. Mais de revendication, de changements de mentalité.

 

L’heure n’est elle pas venu pour les homosexuels de cesser de courir dans le sac ? De ne plus avoir honte de ce qu’ils sont ?

Le reproche qui est fait à cette communauté au Cameroun est celui de vivre comme ci elle souffrait d’une maladie contagieuse, susceptible de se répandre dans toute la société. Et nombreux sont ceux qui profitent de cette faille.

 

Il est pourtant temps que les mentalités des uns et des autres puissent bouger, que des autorités, personnalités puissent prendre position afin de faire taire cette intolérance autant que l’on milite pour lutter contre le tribalisme et la corruption.

 

Lors de la dernière célébration en 2014 lors du forum sur les droits de l’homme organisée à l’IFC de Douala en présence du Haut Commissaire du Canada. Une réflexion a été engagée avec les journalistes de la place. Il était entre autre question pour la communauté d’amener les médias à traiter les questions liées au lgbt non plus comme des faits divers, mais comme des sujets à part entière afin de pouvoir briser le silence autour de cette question.

Deux an après cette rencontre, qu’en est-il ? Peut-on dire aujourd’hui que les médias traditionnels du Cameroun soient devenus des gayfriendly ? La réponse il me semble n’est guère difficile.

 

De réunion en réunion, de colloque en colloque, de séminaires en séminaires, tout semble avancer à pas de tortue et l’argument selon lequel il ne faut pas heurter ou secouer notre société n’a que trop bien duré.

Il est temps de mettre sur pied une association appelée @SOS_INTOLERANCE de façon à permettre à toutes les couches de la société de pouvoir comprendre ce qu’est au juste l’intolérance et les conséquences qui peuvent en découler.

 

Il est vrai que la rhétorique selon laquelle Paris ne s’est pas fait en un jour crédibilise bien la lenteur ou la crainte des uns et des autres à pouvoir mener des actions coup de poing pour changer les choses.

Le changement, il ne se fera que si la société comprend qu’on ne peut vivre en regardant l’autre comme étant une tare. Mais c’est en faisant le pas vers l’autre pour comprendre sa différence que l’on pourra briser les barrières.

 

Chanter, danser entre lgbt est une bonne chose, mais être de vrais leaders, des modèles, vivre dans une société qui vous accepte comme tel et pouvoir assumer qui on est ,en se positionnant est sans doute une utopie, mais c’est la meilleure chose souhaitable.

 

Oui, on peut ne pas être fan de Maitre Alice N’kom, elle a cependant le mérite aujourd’hui d’avoir pris position. Peu importe ce que peut dire la société, elle symbolise à elle toute seule cette lutte qui est loin d’être gagnée.

Il est temps que d’autres se positionne en faveur des questions liées aux minorités sexuelles. Autant que d’autres. Ils ont le droit d’être respecté.

 

Long est le chemin qui mène à la liberté. Les esclaves en savent quelques choses. L’abolition de l’esclavage a été un long combat. Mais ce qu’il faut retenir de ce combat. C’est que de nombreux noirs ont ose dire NON. NON à l’avilissement.

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