Carnet de Route d’un Chômeur

I ère lettre : Chômeur et distant

 

lundi 24 octobre,

Cher  compagnon

Je me sais coupable de mon silence, et je comprendrai qu’en retour tu prêtes guère attention à ton tour à mes missives. Désolé de ne pas t’offrir une vie trépidante et piquante, car contrairement à d’autres je ne suis pas salarié, pas pour le moment dans tous les cas ; et je ne saurai vivre des biens des autres. Un jour comme tous les autres ? Je n’en sais rien. Je tourne en rond, le monde avance et sans moi.

Ce sentiment d’appartenir à la classe des fainéants n’a de cesse de me hanter. Je galère dans mes pensées. Et vois-tu, lire un tas de lettre n’était vraiment pas prioritaire. Du moins je le pensais. Aujourd’hui,voudrais-tu savoir ce que j’ai fais de spécial ? Oh la honte!!! Je ne saurai te répondre mais quoiqu’il en soit, pourquoi te cacherai-je mes non-activités.

Tout compte fait j’ai cogité, et je me suis dis, bon dieu. J’ai pour moi un cerveau, j’ai pour moi des mains et qu’est-ce que je sais faire de plus si ce n’est écrire…… et me souvenir qu’il fallait que je réponde à toutes tes lettres.

 Jusque là, je n‘avais trouvé ni le temps, ni l’occasion d’y répondre. Tu le sais, bien avant, j’avais de quoi m’occuper l’esprit. Tous les matins je devais me lever pour remplir une tâche. C’est beau le télétravail. Une expérience très enrichissante. Et puis une « Boss » très pédagogue, qui a le souci de la transmission.

 Oui tu l’as compris. Eh oui, je n’ai pas fait que glander depuis le temps. J’ai tout de même un Cv à compléter même si c’est sûr qu’il est loin de remplir 03 formats, mais au moins tu le sais, je n’ai pas chômé(rire).  Vois-tu, ce n’est pas facile, crois moi, de passer ses journées à ne rien faire. Parfois on est submergé d’émotions, on est au bord de la crise de nerfs, on se sent vide.

Le pire au delà de ce sentiment, mon cher compagnon de route, on se sent inutile, un consommateur, un bon à rien…… et pourtant. Tiens toi tranquille, j’ai un voisin qui a fini par m’appeler un spécialiste de l’emploi. Comprends-tu ? Ou alors veux-tu que je t’explique ou te fasse un dessein ? Sorry, je ne suis ni Plantu, ni Popoli Nyemb. Encore moins pédagogue.

 Je rends comme çà un vibrant hommage à ma grand-mère, celle qui plus que jamais compte dans ma vie, elle m’a toujours fait comprendre que je ne peux guère être enseignant… la pauvre, pour peut qu’elle souhaite que je lui apprenne comment on utilise telle ou telle application qui se trouve dans son téléphone androïde je brûle d’impatience. Ce n’est donc point fait pour moi l’enseignement (rire).

 Donc, pour revenir à nos moutons,  je n’ai pas souvenir d’une entreprise qui soit de mon domaine, pour laquelle je n’ai pas postulé. Pour ta gouverne cher compagnon de route, je peux comprendre ton inquiétude à mon égard et à propos de ma situation;  mais sois en sûr, je postule. Il m’est arrivé de monter un mini projet pour une compagnie aérienne de mon pays. Tu te rends compte, associé avec une lettre de motivation et mon CV, même l’accusé de réception comme le font des entreprises qui se respectent, je n’ai point reçu de réponse. C’est te dire……..

 Alors ,je te stoppe net, avec tes leçons de morales à deux balles, leçons de morales de celui qui est assis derrière un bureau sous la climatisation, ou qui a eu le soutien de son papa pour être là ou il est.je n’ai rien contre,rassure-toi, Oui désolé de le dire ainsi,je préfère prendre les devants.

 Et sinon, comme tu le constates, je ne suis pas encore prêt du suicide, je n’ai pas encore sombre dans l’alcool ou dans la cigarette. Et j’ai Dieu avec moi, et comme aime à dire ma mamie, « la pierre de Dieu écrase doucement ».

 Oui je te vois venir, je sais que tu es très autonome spirituellement, mais vois-tu sans Dieu je ne suis pas certain que j’aurai trouvé l’énergie de te répondre. Oui, il me donne la pèche, l’espoir en un lendemain meilleur. A chacun ses voies et ses croyances. Autant bouddha et le yoga t’aident, autant Jésus, et la louange me font espérer. Donc passons sur se sujet. Le veux tu ?

 J’espère que cette première lettre te trouvera en bonne santé, quand à moi je prendrai la peine de lire ton second courrier car j ai pris la peine de les classer. Parfois il est bon de rester silencieux, question de réfléchir sur son avenir.

Bien de choses à toi

Marco, ton ami

 

 

 

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s