Carnet de Route d’un Chômeur

IIe LETTRE : CHÔMAGE & INTROSPECTION

 

 

Mardi, 26 Octobre

 

Chers compagnons

 

C’est avec beaucoup de plaisir que je me suis permis de lire ta seconde missive dans laquelle tu semblais bien entendu, très inquiet quand à ma situation. Je pense ne pas devoir à nouveau te rassurer, sur le fait que je me porte bien. Ma première missive t’ayant apportée cette assurance, quand à mon état.

Depuis le temps, la situation n’a pas changé. Je suis, bien évidemment toujours au chômage, ce n’est en rien un scoop, le scoop serait que je te dise que j’ai trouvé un boulot, ce qui je crois serait un plaisir.

Parfois, tout compte fait, nous ne lisons toujours pas les signes qui s’offrent à nous. Suis-je fais pour travailler derrière un bureau ? Suis-je fais pour être salarié comme toi tu l’es ? Parfois la pression et la réalité nous font perdre de vue ce à quoi nous sommes réellement destinés, et ce, je crois parce que nous n’avons pas autour de nous assez de soutien pour vivre notre rêve, et même au delà de ce rêve de mieux cerner notre talent.

Tu le sais mieux que quiconque je ne supporte pas la médiocrité et tu sais de qui je tiens. Nous n’en ferrons pas un débat séance tenante, mais en ce qui me concerne, j’ai le devoir d’être excellent dans ce que je fais, je conçois mal le fait que je puisse vivre dans la médiocrité et être un sujet de moquerie pour mes collègues et de tristesse pour mon employeur.

J’ai passé du temps à réfléchir, et de me demander cher compagnon en quoi suis-je excellent, je sais que pour certains il ne fait pas l’ombre d’un doute, que je suis pour eux un écrivain en herbe.

De loin, te connaissant je te vois sourire, voir rire aux éclats. Oui je dis bien écrivain. Souviens toi des poèmes que j’ai passé mon temps à écrire, et puis tu le sais, j’ai toujours aimé écrire. Mais, tu me diras; écrire ne nourri pas un homme à défaut de gagner le Nobel de littérature, et je sais qu’en tant qu’Africain, je ne suis pas prêt de l’emporter. Mais bon,qu’est-ce que j’en sais? À force de persévérance, je le pourrai sans doute

Mais pour autant, vois-tu, le chômage pour moi me permet de faire une véritable introspection sur qui suis-je réellement, et de finir par comprendre mon ami, que le seul moment où je me sens libre, en cohésion avec mon moi profond, c’est lorsque je me mets à écrire.

Oui, je ne suis sans doute pas comme ces écrivains ou ces stars qui ont des modèles. J’ai appris à écrire en ayant pour base mon cœur, c’est vrai j’ai pu lire d’autres ouvrages pour étudier certains genres,certains modèles, les formes et style qui me plaisent et, pour tout te dire, si tu me permets de te parler de cette passion qui m’anime, je t’en dirai davantage. Mais plus que tout autres choses, Le Théâtre est pour moi le genre par excellence…

Pour quelles raisons me diras-tu, sans doute parce que j’aime la représentation et le théâtre pour moi est tout indiqué. Eh oui, là je puis dire comme une star, tout petit j’ai eu a faire une représentation qui parlait de Christophe Colomb si mes souvenirs sont exacts et lors de cette représentation,ma prestation fut un succès, et ce jour je ne l’ai jamais oublié.

Moque toi, je sais que tu te marres bien, mais oui, je pense avoir trouvé ma voie. Quand aux poèmes, tu le sais ils sont partout, j’en ai d’ailleurs un recueil et c’est là, pour moi le lieu par excellence de l’expression des émotions ou je pense tout le monde peut se reconnaître.

 

Tu le vois, contrairement à ce que certains pensent le chômage n’a pas que des inconvénients, il permet aussi cher compagnon de pouvoir s ‘interroger, de pouvoir se poser les bonnes questions.

Sommes nous tous appelés à travailler dans un bureau climatisé ? Et puis au fond je crois que je supporte très mal l’autorité. Je t’épargne les détails sur ce sujet mais je pense que, je suis capable de claquer la porte si je me retrouve sous pression, et fasse à un employeur qui ne reconnaît pas mon travail.

 

Je pense à tout casser que je préfère être autonome, et qui sait? Que le ciel me donne de trouver une maison d’édition un de ces quatre matins pour éditer mon livre et le vendre a des millions de lecteurs. Un rêve,un souhait.

Tu imagines….le rêve, avoir un panel de lecteurs aussi nombreux; je me vois déjà en pleine dédicace, avec des lecteurs en rang tenant mon livre en main…

 

Point de jugement, je le sais, tu me diras que je suis un doux rêveur. Nous vivons dans un monde ou le rêve est interdit aux pauvres, aux chômeurs, aux travailleurs précaires.

Dans tous les cas, je ne chôme pas sur le plan de la pensée, je cogite. « Cogito ergo sum » je pense donc je suis. Ah ma terminal, un vieux souvenir, mais il faut dire que certaines pensées sont exactes.

 

Une fois de plus ravi de te donner de mes nouvelles, des demain je me pencherai sur ta 3e lettre, il faut avouer que pour quelqu’un qui travaille, tu as du temps pour écrire. Mais bon c’est mieux que Whatsapp, et je te sais très conservateurs.

 

Porte toi bien et bien de choses a toi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Marco

 

 

 

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