Une Part de Honte, de Séverin Cécile Abega: « Des enfants sans père, il y en a partout dans le monde »

Avec cette Phrase de Séverin Cécile Abega, le décor est planté. On comprend aisément que tout au long de ce Cocktail littéraire de meilleures nouvelles des meilleurs auteurs, de la Maison d’Editions « PROXIMITE », nous aurons bien entendu droit au thématique sociale. Nous allons parlé de religion, politique , hypocrisie.  Séverin Cécile Abega, est pour ceux qui en entendent parler pour la première fois, le Nouvelliste Camerounais le plus prolifique, et je puis vous dire, qu’à la lecture de ce recueil, on en sort les yeux illuminés. Pour sa plume, il se sert de la société et du patrimoine culturel qui sont les ingrédients premier de sa cuisine littéraire. Il est pour moi, Le Chef étoilé de la littérature Camerounaise, car je me suis régalé.

 

J’ai choisi de débuté mon billet en parlant de la dernière nouvelle de ce recueil qui est d’ailleurs le titre de cet ouvrage. Ce n’était d’ailleurs pas prévu ainsi, mais j’ai jugé bon de le faire ainsi, car plus que tout autre thématique dont je vais vous parler par la suite, ce sujet est plus que d’actualité. c’est un fait de société très actuel.

 

À l’entame de la lecture de la nouvelle « UNE PART DE HONTE », il y a comme une odeur de trahison qui s’annonce, de médiocrité qui pointe à l’horizon. On est curieux de savoir si, oui ou non, on a raison de le penser. Et moi, qu’est ce qui me fait le dire? ce n’est ni plus , ni moins que le « Palmipède » sorte d’informateur, de « Kongossa man » ; celui capable de vous donner toutes les informations que vous souhaitez, juste si vous avez la présence de lui laisser votre plat, ou dans d’autres cas, lui donniez une bouteille d’alcool. Il vous est ainsi plus aisé d’obtenir des informations, même les plus secrètes, les plus intimes ou sacrés.

Le « Palmipède » le fera d’ailleurs avec  pour le cas du :

  • Masque des femmes
  • de l’affaire Alima

 

critiques subtiles des Traditions, coutumes

Comme à son habitude, Séverin Cécile Abega évoque avec subtilité l’ignorance avec laquelle les « traditions africaines » nous enferment lorsque l’on souffre dans sa chair. Si les esprits n’y parviennent pas, alors forcement, la science n’y arrivera pas. La grossesse d’Alima en est le parfait exemple.  Au delà de cette ignorance vehiculées par des traditions, il y en a de bien plus honteux que cela.

  1. le cannibalisme
  2. l’inceste royale
  3. coutume et argent
  4. jeunesse et traditions, un fossé

Dans cette société où les coutumes et traditions sont ancrées, ce qui ne manque pas de drainer plusieurs mythes et suppositions. Et la question de « l’enfant bâtard » est au coeur de cette ignorance, elle demeure un sujet tabou dont il faut à tout prix taire, ou éluder au risque d’être une honte pour l’entourage. Il arrive d’ailleurs qu’un enfant naturel,  qui adopte un comportement pas toujours en adéquation avec l’éducation des autres  soit plus marginalisé, et ceci d’après eux serait dû à l’absence de son père. cet enfant bâtard, ou naturel pour faire plus « cool » a parfois du mal à trouver sa place au sein d’une fratrie, ou de la société, ou clan auquel il appartient de part sa naissance.

Il doit pouvoir se créer son propre univers, se réinventer, faire face aux moqueries et au mépris des autres. Pour les plus conservateurs, les enfants naturels ne sont ni plus ni moins que « les enfants du péché« . en clair, un enfant sans père est une véritable honte. C’est la raison pour laquelle une cérémonie traditionnelle sera organisée pour trouver à Alima un « Père à son enfant afin de lui éviter, à elle et son enfant d’être un sujet de honte et de moquerie pour le village. Au cours de cette cérémonie contestée mais subit par les jeunes, Il sera question de rites, de la sortie du masque qui désignera le fameux paternel.

 

Toutefois, on en apprend des choses à la lecture de ce recueil de nouvelles, j’en suis moi-même étonné, notamment à la page 06, de la nouvelle « LE VERRE ET LE GOBELET », Séverin Cécile Abega, nous apprend ainsi que les « BOULOU » (peuple de la foret au Cameroun, plus précisément de la région du Sud-Cameroun,ndlr) sont selon la tradition « une race de peuls égarés dans la forêt ». On se croirait à un cours d’histoire sur l’origine des Boulou et leur liens supposés avec les peuls.

 

La subtilité de la langue française

Plusieurs sujets sont à mon sens, traités. il s’agit entre autre du sujet lié au « Culte de la minceur », ou toutes les femmes ne rêvent que d’une chose, ressembler à des guêpes (page 07). On en meurt de rire (MDR) tant est que les phrases, mots utilisés à ce propos sont si bien agencés. Séverin a du style, il joint aisément fond et forme dans son écriture. On ne s’ennui guère. je vous le conseille. La langue française est maniée avec aisance. On sent une véritable maîtrise de l’outil linguistique.

Sur le plan de la narration, on ne peut mieux faire. Les lieux, les hommes, les scènes sont décrites à la perfection. Nous pouvons facilement nous les représenter dans notre imaginaire. Je crois, sans me tromper que c’est là que réside la clé du succès de notre auteur, dont j’avoue j’en suis littéralement tombé amoureux (de ces écrits bien entendu).

On se demande bien, comment peut-on faire si simple, mais tout en étant rigoureux dans l’usage et les techniques de la langue française? Sa plume ne nous laisse pas indifférent. Prenez la peine de lire cette nouvelle, fouillez, rendez vous dans des librairies, et procurez vous ce cocktail de nouvelles qui traite des sujets de société avec un brin de sarcasme très subtil.

 

En parlant de fait de société traité dans « UNE PART DE HONTE », les thématiques suivantes sont évoquées:

  • Politique
  • amour
  • histoire
  • economie
  • droits humains
  • gouvernance
  • religion

Sur l’aspect politique, lire la page 25 de l’ouvrage, il critique avec subtilité le système politique en place dans son ouvrage à lui en l’occurrence le « GDPC » ; La question de la longévité des dirigeants à des postes de décision est critiqué; un véritable handicap car ils n’ont plus une vision d’innovation. d’ailleurs la maison du parti dans laquelle se déroule le meeting en est le parfait exemple; il est vétuste, délabré et sert d’auberge pour hommes infidèles. Il symbolise à lui seul la décrépitude et la dépravation de tout un système et par là même de toute une société.

Par ailleurs, l’attitude de Thérèse, fille de Iba Diallo alors président du GDPC résume à souhait la mentalité des militants du parti en place, et ce que peut être la politique. Un siège de manigance,une cantine pour les autres, une banque pour certains, tout dépend de sa situation;  et le candidat à la tête de la  présidence du parti en fera d’ailleurs les frais. « Aucun scrupule,un véritable cirque ».

Enfin et non des moindres, la politique n’est pas la seule thématique qui peut faire grincer les dents, loin de là. La religion en prend pour son grade, avec son lot d’hypocrites. Il le voit lors de l’après meeting à la maison du parti. Au cours de la réception donné par le soi-disant favori des sondage à la Camerounaise, aucune bière n’est servie d’apparence.

Pensant avoir vu du coca, il se rendra effectivement compte de la supercherie, il s’agit ni plus ni moins que d’alcool, raison pour laquelle, il est servi, non pas dans un verre comme toutes les autres boissons, mais dans un gobelet. Et comme le dit si bien le dicton, Il faut se méfier des apparences.Pourquoi le gobelet? parce qu’on ne voit pas le contenu. Un choc pour qui sait que dans la religion musulmane, l’alcool est interdit. cela ne peut être qu’un coup de massue. Mais une fois que l’on sait dans quel système on évolue, celui de coup bas, de mesquineries et autres, alors il n’est pas plus pire de boire quelques gobelet d’alcool même si on est « musulman », tout compte fait.

 

Voilà ainsi résumé, selon ma lecture, l’ouvrage de Séverin Cécile Abega, Auteur Camerounais.

À la prochaine, pour une autre livraison livresque.

Bonne lecture!!!!!!!!!!!

 

 

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