Faire Connaitre le Cameroun Par le Conte I: L’Orphelin et le Chimpanzé

Faire connaitre mon cher et beau pays le Cameroun est un devoir que je me suis assigné. J’ai appris à l’aimer mon pays, malgré ses nombreuses imperfections. Et parler de mon pays c’est une joie, car je le fais par le biais de Camerounais qui ont du talent, de l’ambition, et de la détermination. Mais ce n’est pas le seul moyen de vous parler de mon pays le Cameroun. La littérature en est aussi la parfaite illustration, en partageant avec vous les oeuvres littéraires de brillants auteurs Camerounais. Et aujourd’hui, il m’est venu de vous faire connaitre le Cameroun à travers le conte. Une façon plus digeste de partager les us et coutumes de notre Pays. Vous saurez lire entres les lignes comment ça se passe ici chez nous. On peut ou pas ne pas être d’accord, mais pour ma part il est nécessaire de valoriser la richesse du Cameroun.

Ce conte est tiré du recueil : LES CONTES DU CAMEROUN. Rédigé par deux illustres Camerounais à savoir : CHARLES BINAM BIKOI et EMMANUEL SOUNDJOCK. Il faut donner à César ce qui lui revient. Ils ont pris le soins de retranscrire par écrit les histoires qui font l’Afrique et particulièrement le Cameroun encore communément appelé LITTÉRATURE ORALE AFRICAINE.

J’ai ainsi l’honneur de vous conter l’histoire de L’ORPHELIN ET DU CHIMPANZÉ. Chacun autant qu’il soit pourra en tirer ses propres conclusions et y déceler quelques usages camerounais en matière de dot, ou demande en mariage. Nous rappelons toutefois, qu’il s’agit d’un conte, d’une imagination, d’une fiction même si entres les lignes c’est le Cameroun qui vous parle.

Bonne Lecture à vous

 

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@socialmediacameroun

 

 

 

Voici donc ce qui arriva.

Un homme avait épousé une femme. Celle-ci mit au monde deux garçons, mais la naissance du deuxième lui coûta la vie. C’est ainsi que l’homme resta veuf, il se mit à élever ses deux fils.

Un jour, cet homme tomba malade; il sentit sa mort prochaine. Alors il appela son fils aîné et lui dit: « Mon fils, j’aurai vécu dans ce monde sans jamais rencontrer le bonheur. Je ne te lègue donc ni argent ni femme. Mais je te laisse pièges et fosses de chasse.

Quand j’aurai rendu l’âme, laisses passer trois jours avant d’aller visiter ces pièges et trappes ».

Dès qu’il eut fait cette déclaration, le pauvre homme mourut. Le fils aîné rendit à son père les honneurs de la sépulture. Il le pleura beaucoup. Trois jours plus tard, l’orphelin se leva, prit une lance et entra dans la brousse pour visiter les pièges, conformément aux dernières paroles de son défunt père.

 

Quand il s’y fut rendu, il trouva, tombé au fond d’une fosse, un énorme chimpanzé. Le jeune homme lève sa lance pour le frapper; mais voilà que le chimpanzé bondit sur la lance et demande à l’orphelin :  » De ta lance brandie, quelle partie de mon corps veux-tu frapper? Est-ce la tête, la poitrine ou le dos? »  Mais le jeune homme ne sut quoi répondre. Alors le chimpanzé le saisit et le rossa abondamment avant de le relâcher.

L’enfant retourna au village, indécis sur son action future. Au bout  de quelque temps, il partit demander une jeune fille en mariage.

Arrivé là-bas, il rencontra un autre prétendant, un homme très important, beau et fort, de bonne naissance , et fortuné. Voyant ses deux beaux-fils, la mère de la jeune fille leur dit :  » Couchez-vous nous nous entretiendrons demain ».

Quand le matin fut venu, elle les appela et leur déclara :  » Je n’ai pas encore d’emplacement où cultiver les arachides. Défrichez-moi donc chacun un champ;  celui dont le champ sera le plus grand, c’est lui qui épousera ma fille. Voilà la forêt. Que chacun aille de son côté ».

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Aussitôt  l’orphelin tira un coupe-coupe et s’en fonça dans la forêt. Il allait commencer le travail quand, soudain, le chimpanzé surgit: (cét! ) Il dit au jeune homme :  » C’est toi qui voulais m’abattre à la lance; mais quelle partie de mon corps  comptais-tu frapper? Était-ce la tête? la poitrine ou le dos? »

L’orphelin ne sut quoi répondre.  Alors le chimpanzé l’empoigna de nouveau et le battit longuement. Quand il en eut assez  (de le battre), il lui ordonna de s’asseoir par terre ; le jeune homme s’assit et se tint coi. Le chimpanzé prit le coupe-coupe, débroussa toute la forêt, abattit les arbres et nettoya le sol; la forêt resplendissait de propreté. Le chimpanzé rendit au jeune homme son coupe-coupe et rentra dans la forêt.

Le soir vint. L’orphelin regagna le village et son rival aussi. La mère de la fille servit un repas et leur dit :  » Couchez-vous ! Le père de famille, ma fille et moi-même, irons demain visiter vos champs ».

De grand matin, ils se levèrent tous et se rendirent au champ du grand homme pour voir son travail. Ils en furent très réjouis. mais quand ils atteignirent le champ de l’orphelin, leur étonnement  fut à son comble ; ils en conçurent même de la peur, car l’espace qu’il avait défriché valait au moins trois fois celui de son rival. C’est pourquoi chacun trouva le jeune homme redoutable. Même la palabre de mariage, personne n’osa plus tenir. À peine avaient-ils remis les pieds au village que le père de famille leur déclarait :  » Prenez votre bien: Voici la femme, emmenez-la. Vous saurez bien vous-mêmes quoi en faire là-bas. Sortez de ma maison! »

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Il n’y avait plus à discuter, les deux hommes prirent la jeune fille, et se mirent en route. Ayant marché longtemps, ils atteignirent un carrefour: Le grand homme décida d’aller à droite et l’orphelin à gauche. Une querelle éclata : Les hommes se disputaient la femme.

C’est alors que le chimpanzé surgit. Il dit à l’orphelin :  » C’est toi qui voulais m’abattre à la lance; mais quelle partie de mon corps  comptais-tu frapper? Était-ce la tête? la poitrine ou le dos? » Dis-le moi, jeune homme? »  Mais le jeune homme resta coi. Le chimpanzé le saisit  donc encore et le battit sérieusement.

À la vue de ce prodige, l’autre homme et la jeune fille crurent mourir de frayeur. Le chimpanzé arrêta de battre le jeune homme et le fit asseoir par terre. Puis, il se retourna, prit une tendre feuille de jonc, la remit au grand homme et lui dit :  » Va vite me chercher de l’eau dans cette feuille; que je boive! » Rempli de crainte, l’homme partit en courant.

Quand il fut arrivé à la source, il puisa de l’eau dans la ville, mais l’eau s’en échappa toute. Que faire pour rapporter de l’eau ? L’homme ne sut. Il pensa que s’il retournait sans eau devant le chimpanzé, il mourrait de bastonnade. Aussi s’enfonça-t-il dans la brousse, définitivement, pour rejoindre son village.

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Campés où ils étaient restés au carrefour, le chimpanzé et les deux jeunes gens furent bientôt las d’attendre celui qui était allé à la source. C’est pourquoi le chimpanzé dit au jeune homme :  » Voici ta femme, prends-la, emmène-la »

Le jeune homme prit la jeune fille et l’emmena au village que son défunt père leur avait légué, à son frère et à lui, le coeur inondé de joie. Une fois arrivé, il confia à son frère que c’était leur père défunt qui l’avait marié. Les deux frères organisèrent une grande fête.

Les Contes du Cameroun

 

Source: Marc Ghislain, Social Media cameroun

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