Mes Notes de Lecture : « Rendez-vous avec l’heure qui blesse » de Gaston-Paul EFFA

Des NOIRS, dans des Camps Nazis, ont également été DÉPORTÉS

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04e De Couverture

Comment se sent-on quand on est noir et discriminé ? J’avoue que l’actualité aidant, on peut avoir une idée de ce que cela peut être. Le fait que l’on vous signifie sans cesse que vous êtes différent. Et je suis en droit de m’interroger, Pourquoi les noirs? Tout récemment encore, il y a eu en France,la sortie d’un livre intitulé « NOIR N’EST PAS UN MÉTIER » de Aïssa Maïga qui dénonce en substance le racisme dans le cinéma français.  Cette idée de l’homme blanc qui se pense encore et toujours, et ce même au 21e siècle, bien plus supérieure à l’homme noir, est pour ma part du ressort de l’IGNORANCE. Que l’on se trouve au Cameroun, on se sent interpelé au vu de tout ce qui se passe ailleurs, en tant que NOIR.

 

Des 04 coins du monde, le traitement réservé à l’homme noir est pareil. 400 ans d’esclavages, ne se gomment pas du jour au lendemain, les mentalités de certains hommes blancs continuent de percevoir l’homme noir comme un sous-homme, un homme plus proche de l’animal qu’autres choses. Et dans le récit de l’ouvrage que je m’en vais vous parler, on peut voir que l’homme noir et l’animal sont ni plus, ni moins que des égaux. Ils se valent. Eh oui….

 

Cela fait d’autant plus mal, que l’on a le sentiment que les choses vont de mal en pire. Le souffre douleurs du siècle présent c’est l’homme noir, celui qui incarne à lui tout seul la plèbe, la misère du monde. Qui n’a ni plus ni moins que le malheur de posséder une mélanine plus prononcée que celle des autres. Je ne sais trop bien ce que représente l’homme noir dans le subconscient de l’homme blanc qui est foncièrement raciste,ou de celui qui ne l’est pas par pure hypocrisie.

 

Je m’interroge fort à ce sujet. Qu’est-ce qui en l’homme noir fait autant si peur à l’autre qui n’est pas comme lui?  Il n’y a pas si longtemps, bien que faisant partir de l’équipe de France, Paul Pogba fut sifflé en Russie, en vue de la préparation du mondial. Et quand je pense que certains estiment que les N.O.I.R.S se victimisent trop, j’ai envie de leur dire simplement « VIS MA VIE DE NOIR » et après on en reparle.

Toutes formes de revendications des noirs en occident, est perçue comme du Communautarisme. On veut interdire tout regroupement dans lesquels les blancs se sentent excluent, on semble avoir peur du réveil de l’homme noir, alors tout est bon pour davantage nier tout effort de restauration.

 

Rendez-vous avec l’heure qui blesse, l’ouvrage

Raphaël Élizé, noir, et brillant vétérinaire à SABLÉ-SUR-SARTHE, originaire de la Martinique est le narrateur de cet ouvrage magnifique de Gaston-Paul Effa, qui j’avoue n’a pas manqué de me bousculer avec une vérité qui m’était jusque là inconnue. Dois-je dire que j’ai été blessé? Je ne saurai l’affirmer, mais ce que je sais, c’est qu’il a fallut, comme un secret qui est difficile à porter, que j’extériorise cette vérité qui venait de m’éclabousser en plein visage. Je ne le savais pas, je n’avais aucune idée de ce que j’allais découvrir au fil de ma lecture. Et d’ailleurs, quand on lit la 04e de Couverture, on ne fait pas attention, je ne prête d’ailleurs pas attention à ce mot qui est pourtant écrit à savoir « DÉPORTÉ ».  Et ma lecture à ce moment précis se fera avec une autre optique, une autre vision, un autre angle à ce moment-là. Il s’agit d’un ROMAN. Et il arrive parfois qu’on le lise tel quel ou parce que nous avons un objectif prédéfini. N’était-ce pas là mon erreur…… Sans aucun doute.

 

 

Tiré d’une histoire réelle, et de ce fait susceptible d’être documenté, avec preuves pour toute personne qui auraient des doutes sur cette partie de l’histoire qui est tue. Le récit se déroule dans les années 1943, à SABLÉ-SUR-SARTHE, petite commune, en France, dans laquelle, le narrateur fut tour à tour vétérinaire, et surtout, MAIRE. À l’époque , être noir et maire, ne courrait pas les rues.  Mais c’était sans compter avec HITLER et son idéologie de la race supérieure ou arienne. Idéologie qui consistait ni plus ni moins à l’élimination des autres races. Encore que, il n’existe qu’une seule race….. celle HUMAINE. Le 13 Septembre, sera la date du début d’un long périple. Et comme il le dit si bien :  » Je me rappelle que mon coeur se serra quand, à la gare, on nous fit monter dans des wagons à bestiaux dont le sol était jonché de paille ».

 

Sonne ainsi l’heure de la déportation des NOIRS vers le CAMP NAZIS DE BUCHENWALD en 1944. Une sombre partie de l’histoire qui n’existe nulle part dans un livre d’histoire,qui jusqu’ici j’ai pu lire. Le SAVIEZ-VOUS? Je souhaiterai vraiment avoir des témoignages à propos. Pour ma part c’est grâce à l’oeuvre poignante de Gaston-Paul Effa que j’ai découvert cette sombre partie de l’histoire que certains contestent, car comme je le disais, j’ai dû en parler, car je n’en revenais pas.

L’heure de vérité, au coeur de l’ouvrage

Comme je le disais tantôt, au tout début de ma lecture, je l’avoue, j’avais quelque peu du mal à croire que ce que je lisais était plus ou moins arrivé, car partant du principe que le roman n’est que fiction. Mais je me suis ravisé quand j’ai compris que la fiction d’un roman s’inspirait bien trop souvent du réel: Ce fut le RÉVEIl. Un réveil brutal. Il faut croire que l’oeuvre a atteint son objectif en moi, celui de réveiller ma conscience.

 

 

En effet, j’ai plus mis l’accent sur les questions relatives au RACISME, car il m’était quasiment impossible de croire une telle chose. Je me suis dis qu’il s’agissait sur ce point de la pure imagination de l’auteur. Ce fut pour ma part, un déni de l’histoire. Je lisais, sans toutefois intégrer cet aspect historique, marqué par un récit authentique du protagoniste.

 

Et on comprend donc aisément, loin du racisme ordinaire, qui peut être un frein social, il s’agissait ici, d’une forme de racisme à nulle autre pareil. Où l’homme noir dans sa splendeur, avec les compétences qui furent siennes, a été relégué au même rang que les animaux. L’épisode du train, en est la parfaite illustration.

 

Dans ce roman, on est en droit de se demander si il n’est d’ailleurs pas possible de changer le titre, mais tout compte fait dès lors que vous tenez cet ouvrage entres les mains, vous pouvez en être certain, elle va vous secouer. Les détails du récit fait par le narrateur, vous glacent le dos. Les termes péjoratifs pour qualifier l’homme noir, vous laissent sans voix. Et ce d’autant plus que ce sont des termes que l’on emploi encore jusqu’aujourd’hui pour signifier aux noirs Ô combien ils ne sont RIEN.

 

 

Il décrit avec exactitude cette idée très répandue en Occident selon laquelle, le NOIR doit redoubler d’efforts pour être considéré. Il doit abattre un travail 10 fois supérieurs à celui de son collègue blanc. Il doit être plus performant. Tout cela, Raphaël l’a expérimenté, avant de connaitre le bonheur de diriger une petite commune française, durant laquelle, l’Allemagne Nazis, lui a fort bien rappelé, qu’il n’était pas à sa place. On peut tous faire des parallèles avec le siècle présent,

  • où l’homme blanc estime que l’homme noir n’est pas à sa place.
  • où l’homme noir est davantage chosifié que valorisé
  • où l’homme blanc pense qu’un noir ne peut pas être plus qu’infirmier, éboueur, caissier, vendeur, illettré, et pire esclave 

Les opinions divergent sur la question de la déportation des noirs

J’ai eu à coeur de convoquer plusieurs brillantes têtes spécialisées dans la littérature afro-descendantes et notamment l’auteur de l’ouvrage. Mon envie de démêler le faux du vrai était plus qu’insistant. J’avais besoin de savoir, et bien entendu je ne ferai que poursuivre ma documentation à ce propos.

 

J’ai en effet convoqué un brillant esprit, plus calé que moi dans le domaine littéraire et son avis fut celui-ci; à la question de savoir si les NOIRS ONT ÉTÉ DÉPORTÉS:

  • Charles T : « Déportation NON…..En 1939/1945 il n’y a pas eu de déportation. Mais il y avait des tirailleurs africains appelés. Un déporté c’est presque un sujet de non droit… C’est-à-dire qu’on prend un terme appliqué dans une situation précise pour l’utiliser ce qui participe à une espèce de concurrence victimaire! Je n’ai pas lu le livre! Mais je connais un tout petit peu l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Et puis quand tu dis déportation des noirs…… Gaston-Paul Effa parle de déportation d’un individu… Que les noirs étaient maltraités sous le 3e REICH rien de surprenant! Maintenant je le redis, il n y a pas eu à cette période une déportation des noirs ( c’est-à-dire systématique et massive… dans des camps de concentrations noirs). Par contre dans les années 70, on peut parler de « déportation », la France est venue chercher des travailleurs en Afrique du Nord et de l’ouest pour ses usines. j’ai mis les guillemets car ce n’était pas manu militari. »

 

 

je n’ai pas pu m’arrêter à un seul avis, là encore la question fut la même pour la  fondatrice d’un magazine en ligne spécialisé dans la littérature Afro-descendant.

  • Acèle N : « Oui,je le sais. Il y a quelques personnes qui ont écrit dessus. Notamment THEODOR MICHAEL WONJA. Il est encore vivant ce Monsieur. Il y avait beaucoup de noirs dans les camps, et certains ont même organisé des révoltes… Si nous ne racontons pas notre version de l’Histoire, les autres ne le feront pas. Il faut partager les connaissances. »
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@Présence Africaine

N’avoir pas la position de l’auteur de l’ouvrage m’aurait beaucoup posé problème. j’ai donc résolu de le contacter à ce propos, et je fus agréablement surpris.

  • Gaston-Paul EFFA :  » Ce roman est inspiré d’une histoire réelle. Oui, les noirs ont aussi  été déportés comme les juifs et autres… Il suffit pour cela de relire le livre de Serge BILÉ qui aborde plusieurs figures, dont celle de Raphaël Elizé ».

 

 

 

Sans pour autant tirer de conclusion hâtive, je dirai toutefois, qu’il faut croire que notre esprit, notre intellect, ont véritablement été formatés. Il faut pouvoir le déconstruire. Si j’avais une connaissance sur le sujet de la déportation, c’est bien celle qu’on n’a toujours connu, et dont on parle sans cesse, celle portant sur la déportation des JUIFS. Que savons-nous véritablement de NOTRE HISTOIRE À NOUS?

 

 

 

Source : Marc Ghislain , Social Media Cameroun

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